dimanche 25 août 2013

Métamorphose santé: retrouver la forme sans souffrir

 
Changer ses habitudes pour retrouver un style de vie sain demande une bonne dose de motivation et d'introspection. Mais qui a dit qu'il fallait souffrir pour être en forme?
Il y a trois ans, Karine se retrouve à l'urgence pour une grave bronchite. Fumeuse depuis l'âge de 11 ans, asthmatique, la jeune femme alors âgée de 23 ans a toutes les raisons d'arrêter de fumer. Mais ce n'est qu'un an plus tard, lorsqu'elle accompagne un groupe de baby-boomers en ski de randonnée, qu'elle prend réellement conscience de sa mauvaise condition physique. Au sommet de la montagne, le choc est brutal : non seulement ces hommes et femmes de 50 ou 60 ans (deux fois son âge!) débordent d'énergie, mais ils sont tous en bien meilleure forme qu'elle. « J'étais à bout de souffle, j'avais peine à les suivre! Ça a été une vraie révélation. À la fin de la semaine, j'ai décidé d'arrêter de fumer. J'étais dans un momentum pour le faire. Et j'y suis arrivée à froid, sans timbre, sans gomme. »
Mais Karine n'est pas encore au bout de ses peines. Dès qu'elle arrête la cigarette, elle prend des kilos. Et le tableau n'est pas rose : l'obésité fait ployer presque toutes les branches de son arbre généalogique! Si elle veut retrouver sa ligne - et surtout, la forme -, il lui faut changer ses habitudes alimentaires et son style de vie en profondeur, se dit-elle. Et ce ne sera pas facile : selon elle, cette « tendance à engraisser facilement » est liée non seulement à des facteurs génétiques, mais aussi à l'éducation. Lors des repas en famille, combien de fois a-t-elle entendu des phrases comme : « Finis ton assiette... C'est trop bon pour en laisser... On a payé pour... On ne mangera pas d'aussi bonnes choses demain... Pense aux enfants africains qui n'ont rien...»?
1re étape : diminuer les portions
« Peu à peu, je me suis rendu compte que j'avais beau manger mieux, plus sainement, je mangeais trop. Dans le guide alimentaire, la taille recommandée d'une portion de viande correspond à celle d'un paquet de cartes. Mes portions à moi étaient 4 fois plus grosses! »
Karine se met donc à prendre des repas moins copieux, et à en ressentir les bienfaits. « Avant, je me sentais souvent gonflée après avoir mangé. Maintenant, j'écoute davantage mon appétit. Au restaurant, par exemple, je ne me force pas à terminer mon assiette. » En outre, la jeune femme apprend à gérer son anxiété : « quand j'avais faim, il m'arrivait d'être paniquée si je ne mangeais pas aussitôt. Maintenant, je sais que si j'attends un peu, je ne m'évanouirai pas et je n'en mourrai pas.»
Et les petites douceurs? Elle s'en permet, à l'occasion, mais avec modération. « Pas question de mettre une croix définitive sur le gâteau au chocolat ou la poutine. Manger doit demeurer un plaisir. »
2e étape : bouger!
Étonnamment, Karine, qui ne se considère pas d'une nature sportive, a pris goût à l'activité physique qu'elle s'est imposée au départ et qu'elle pratique maintenant tous les deux jours environ. Parfois, pour se rendre au travail, au lieu d'utiliser la voiture, elle marche d'un bon pas, un trajet de 45 minutes. À la fin de la journée, une demi-heure de jogging lui permet d'évacuer le stress accumulé au bureau, de s'aérer l'esprit. Et vu son horaire flexible, elle peut même décider d'aller faire quelques longueurs à la piscine au milieu de l'après-midi, lorsque la concentration lui fait défaut. « Rien de mieux pour me remettre les idées en place. De retour au boulot, je redeviens efficace et productive. »
Bien sur, ce n'est pas toujours facile. Un bon truc, selon elle, consiste à varier les sports. « Et ouste la culpabilité si, par exemple, on ne se réinscrit pas au gym instantanément après un trimestre : c'est normal que l'enthousiasme baisse et remonte. Aussi, en faisant mon jogging, j'ai réalisé que rien ne m'obligeait à suivre toujours le même trajet, pendant le même nombre de minutes. Depuis, je prends beaucoup plus de plaisir à aller courir... »
Aujourd'hui, le sport ou l'exercice est devenu un besoin pour Karine : « mon corps me le réclame. C'est un excellent remède contre l'anxiété, l'insomnie et même, parfois, contre l'envie de fumer. Quand je fais de la natation, de la marche rapide ou du jogging, mon but n'est plus de maigrir, de brûler des calories ou de mieux paraître, mais d'être bien dans ma peau, d'avoir une bonne qualité de vie. Je ne veux plus être essoufflée après le moindre effort. Et quand j'aurai 50 ans, j'espère être en forme et mener une vie aussi belle et agréable que celle que j'ai observée il y a deux ans, à la montagne, chez mes compagnons de ski... »